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À l’occasion de la célébration de la Journée Internationale des droits des Femmes, la CNPS a réuni ses personnels, le mardi 03 mars, lors d’une causerie exclusive sur le sujet, avec le patriarche François Bingono Bingono.

Au cœur des échanges, une thématique aussi complexe que profonde, « femme : ni homme, ni femme ».
Dans une approche à la fois culturelle, philosophique et sociale, le patriarche a invité l’auditoire à repenser la place et les multiples visages de la femme dans les sociétés africaines. D’entrée de jeu, il a évoqué les postures de la femme, en soulignant que celles-ci ne sauraient être figées, mais plutôt comprises à travers les réalités ethnolinguistiques et les contextes sociaux.
Parmi les figures évoquées, certaines ont suscité des réactions dans l’assistance : « la femme aux mains légères », présentée comme une professionnelle du service dans une lecture symbolique, ou encore « la femme neutre », décrite comme une figure respectée, capable de préserver dignité et influence, même à un âge avancé. « Une femme ne doit pas être chosifiée », a-t-il insisté, plaidant pour une reconnaissance de sa valeur intrinsèque, au-delà des apparences ou des rôles assignés.

Abordant la question de la polygamie, le patriarche a évoqué la notion de « favorite », fruit du choix du mari, mais aussi celle de « la perle », incarnation d’un idéal mêlant beauté physique, morale et comportementale. Plus loin, il a mis en lumière « la Mafo », cette figure féminine capable de trancher les débats lorsque les hommes eux-mêmes n’y parviennent pas, révélant ainsi une autorité souvent sous-estimée.
Au-delà des typologies, le message central de l’intervention a porté sur la nécessité d’une réappropriation culturelle. « Retournons à la connaissance de notre passé ancestral ; car, notre racine est notre patrimoine culturel », a exhorté François Bingono Bingono, appelant à reconstruire les mentalités, sur des bases identitaires solides.

Dans une envolée qui a marqué les esprits, il a affirmé : « La femme est une faiblesse apparente, pour un pouvoir réel. Les hommes ne sont que ce que les femmes font d’eux ». Pour lui, la femme demeure « le centre de la vie », une force structurante, dont l’influence dépasse largement les sphères visibles.
La thématique « Femme : Ni homme, ni femme » peut donc sembler paradoxale à première vue, mais elle porte un sens profond : « La femme ne peut pas être réduite simplement à une catégorie définie par opposition à l’homme. Elle n’est ni une version faible de l’homme, ni une simple figure opposée : elle est autonome, singulière et complexe » conclut le patriarche. La femme peut sembler vulnérable ou soumise dans certains contextes, mais elle détient une force invisible, un pouvoir réel et central, façonnant hommes, familles et société tout en restant indépendante et complète.
L’échange a offert aux participants un espace de réflexion sur les représentations sociales et culturelles de la femme, tout en ouvrant la voie à une redéfinition plus nuancée de son rôle dans la société contemporaine. « Femme : Ni homme, ni femme » n’est donc pas une négation, mais une affirmation de singularité.

À travers cette initiative, la CNPS réaffirme son engagement en faveur de la valorisation de la femme, non seulement comme actrice du développement, mais aussi comme gardienne des équilibres sociaux et culturels.