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Message fort porté par le Lieutenant-Colonel Commissaire Jean-Christophe NKOA, lors de la 13ème édition du Café littéraire, tenue le 9 juillet 2026 au 8ème étage de l’immeuble CNPS, avenue des banques à Yaoundé.

Cette rencontre culturelle était consacrée à la présentation de l’essai « Cyberespace et terrorisme au Cameroun : esquisse de prolégomènes à la cyberstratégie camerounaise ». Devant une salle attentive mêlant personnel de la CNPS, écrivains, invités et passionnés de littérature, l’auteur a proposé une plongée dans une menace souvent invisible, mais désormais omniprésente : un terrorisme qui ne se cantonne plus aux champs de bataille, mais investit les écrans, les réseaux sociaux et les plateformes numériques.
Conformément à la tradition du Café littéraire, le modérateur Hervé Akame a ouvert les échanges par une note de lecture détaillée. Il a souligné les grandes lignes de l’ouvrage, mettant en évidence l’émergence du cyberterrorisme comme nouvelle menace pour les États, avant de pointer les limites du cadre juridique et institutionnel camerounais face à l’accélération technologique. Selon lui, « cet ouvrage interpelle les pouvoirs publics, les institutions et les citoyens sur l’urgence de bâtir une véritable culture de cybersécurité ».

Prenant la parole, le Lieutenant-Colonel Commissaire Jean-Christophe NKOA a retracé la genèse de son travail, né d’un constat : les crises sécuritaires que traverse le Cameroun depuis une dizaine d’années ont investi un nouveau théâtre d’opérations, le cyberespace. Groupes terroristes et réseaux extrémistes y exploitent désormais les outils numériques pour diffuser leur propagande, recruter, financer leurs activités et manipuler l’opinion publique.
La projection d’une vidéo montrant les ravages humains et sociaux du terrorisme – cris, désolation, familles endeuillées, populations déplacées – a profondément ému l’assemblée. Un rappel saisissant : derrière chaque publication haineuse ou campagne de désinformation se cachent des vies brisées.
À travers son essai, l’auteur plaide pour une cyberstratégie nationale ancrée dans la souveraineté numérique et une coopération renforcée entre institutions publiques, secteur privé, universités et citoyens. Au centre de cette réflexion émerge le concept de « défense populaire numérique ». « La cybersécurité ne doit plus être considérée comme l’affaire des seules forces de défense. Chaque citoyen, chaque entreprise, chaque administration a un rôle à jouer. Notre première ligne de défense commence par nos comportements numériques », a-t-il insisté.
En clôture, Hervé Akame a qualifié l’ouvrage de « base stratégique et prospective pour la réflexion sur la sécurité nationale du Cameroun à l’ère numérique », saluant une œuvre qui allie analyse, pédagogie et vision d’avenir. L’essai ouvre en effet plusieurs pistes de débat : l’efficacité du dispositif juridique actuel, la difficulté de poursuivre des cybercriminels basés à l’étranger, le financement terroriste via les cryptomonnaies, l’usage de l’intelligence artificielle dans la désinformation, la nécessité de créer un corps national dédié à la cybersécurité, et la protection du secteur informel, particulièrement vulnérable aux manipulations et tentatives de recrutement extrémistes.
La rencontre s’est achevée sur une certitude collective : à l’ère numérique, la sécurité ne relève plus des seuls spécialistes. Chaque citoyen est invité à la vigilance, car la première ligne de défense se construit par un usage responsable du cyberespace.