Réflexions préliminaires sur la crise du COVID-19 au Cameroun

Par Noël Alain Olivier Mekulu Mvondo Akame - Directeur général de la CNPS.

 

Il est des circonstances ou des événements qui, par leur gravité ou leur soudaineté, les deux parfois d’ailleurs, ont le don de révéler les hommes, dans leur caractère et leur nature, d’éprouver les systèmes d’organisation, dans leur consistance et leur capacité d’adaptation, et même de découvrir les peuples, dans leur rapport à la culture et les représentations qu’ils portent sur les autres. L’histoire en retient généralement quelques (rares) héros, des personnages (nombreux) moins flatteurs, des systèmes solides, agiles, friables, fébriles, des peuples ancrés dans leur fonds culturel ou carrément extravertis. C’est dire que dans ces circonstances-là, l’homme, dans son être profond, s’expose dans sa totalité (son état de nature ?) et est indissociable de son environnement, proche ou lointain. La crise du Covid-19 fait indubitablement partie de ces événements-là, elle qui s’est brutalement et tragiquement imposée aux peuples et aux Etats du monde entier. Certes, il serait présomptueux et peut-être précipité d’en tirer déjà tous les enseignements, d’autant que la crise bat tout son plein, avec les drames, désespoirs et misères qu’elle charrie, sous nos yeux ébahis et notre impuissance, symbolisée par les règles du confinement et de la distanciation physique. Il n’en demeure pas moins que l’examen attentif des actions, réactions et comportements des parties prenantes, officiels, société civile, médias, individus, hommes d’églises, intellectuels, etc. suscite d’ores et déjà des observations qui mériteraient, de notre modeste point de vue, qu’on s’y attarde quelque peu, pour les soumettre à la conscience collective. En caricaturant à peine, on observe : d’une part, une classe populaire qui déambule douloureusement entre insouciance, doute et peur, et qui s’interroge presque machinalement sur son sort prochain ; elle reste très exposée aux « informations de source sûre » distillées à longueur de journée sur le Covid-19, et se jette sans limite sur toute recette de la pharmacopée du terroir, à laquelle on prête volontiers des vertus de paravent et de guérison miracle ; d’autre part, une classe aisée et instruite, qui semble s’abreuver plus que jamais à l’information médiatique main Stream des chaînes étrangères, y puisant et partageant en temps réel la substance des nouvelles « connaissances » ainsi acquises au pied levé. Au sein de ces deux grandes classes sociales, l’on remarque les réactions des corps sociaux intermédiaires revendiqués et assumés que sont, pour ne retenir que les plus en vue, l’élite intellectuelle (personnes d’un niveau d’instruction élevé) et le monde religieux (clergés et fidèles). Ils affichent en effet des postures dignes d’intérêt et fort révélatrices de l’état moral de la société. Il ne sera nullement question ici, ce n’en est d’ailleurs pas le lieu, d’une remise en cause d’un quelconque statut ou du bien-fondé d’une organisation, mais de la simple analyse des attitudes individuelles observées, fussent-elles critiquables ou méritoires. Les deux problématiques généralement évoquées sont :

– la cause ou les origines de la pandémie ;

– les modes et moyens de lutte contre la pandémie.

 

En général, l’élite intellectuelle, dans une nation, a le rôle majeur et irremplaçable d’éclairer les décideurs et les populations, du haut de son magistère et fort de sa science....Télécharger le pdf pour lire la suite

PrliminairesDG

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Last modified onlundi, 19 avril 2021 12:54

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