Cyrille TANKEU POKONG: Le miraculé d’Ekondo Titi

Après avoir été littéralement taillé en pièces le 1er février 2018, par des combattants sécessionnistes sur la route Ekondo Titi-Kumba, le rédacteur au contentieux/agent de poursuites et d'exécution forcée actuellement en service au CPS de Bassa à Douala a eu la vie sauve grâce à l’intervention du directeur général et à un élan de solidarité des collègues.

L’histoire de cet ancien de la DAJC et des CPS de Kribi, d’Akwa et d’Ekondo titi, la dernière structure qui l’a accueilli avant le CPS Bassa est digne d’un film de Hollywood. On peut le dire aujourd’hui, Cyrille Tankeu Pokong, recruté à la CNPS le 08 février 2007, est un miraculé.

L’horrible scène a eu lieu il y a 14 mois, alors que celui qui occupe le poste de chef de section du Contentieux est en service au CPS Ekondo titi. Dans le cadre du recouvrement des cotisations sociales, Cyrille Tankeu est mis en mission à Limbé où il doit procéder à la validation les actes de procédure des employeurs qui relèvent du centre des impôts des moyennes entreprises. Une mission normale et habituelle.

Ce 1er février 2018 donc, il embarque dans un véhicule de transport aux environs de 12h30 mn, direction, Kumba. A une vingtaine de kilomètres du chef-lieu du département de la Mémé, le véhicule ayant à son bord l’agent de la CNPS est stoppé par une bande d'individus ; une trentaine environ, lourdement armés. Ils avaient pris le soin, en véritables coupeurs de route, de barrer la voie à l’aide d’un camion citerne. Ordre est donné aux passagers de sortir du véhicule et de s’asseoir à même le sol en bordure de la route, non sans avoir au préalable, confisqué les cartes nationales d'identité et détruit les téléphones portables de tout le monde.

Commence alors un interrogatoire individuel musclé. Les questions portent pour l’essentiel, sur les origines ethniques des occupants du véhicule. Les passagers sont alors classés en deux catégories. D’un côté, les « patriotes» qui sont, après interrogatoire, autorisés à regagner le véhicule et à poursuivre le voyage, et les « traitres » retenus sur place, pour subir le châtiment suprême. Dans cette scène d’horreur, un déluge de coups de couteaux, de machettes et de fusils va s’abattre sur les « traites » au rang desquels figure malheureusement le collègue Cyrille Tankeu. « J'ai eu plusieurs blessures graves aux mains, avec l'amputation d'un doigt, aux bras et avant-bras, aux pieds et jambes, ainsi qu'un tir par arme à feu à la poitrine», se souvient-il encore horrifié.

L'annonce par un éclaireur de l'arrivée d’un détachement du Bataillon d’intervention rapide (BIR) va heureusement mettre les terroristes en fuite, alors que le bilan à cet instant est déjà de 2 morts et 5 blessés graves. Pourtant, les survivants ne savent pas que ce sont les éléments du BIR donc, leurs sauveurs qui arrivent. Dans un mouvement de panique généralisée, ils décident dans un dernier élan de survie, d’entrer dans la forêt, du côté opposé de celui par lequel les assaillants se sont enfuis. Le périple pour la survie, pour ce qui est de Cyrille Tankeu, s’effectue d'abord à pied, sous un soleil accablant, sur près de 3 kilomètres, puis, à moto par la suite. « J’ai pu trouver une moto, après le refus des 2 premières, qui m'a  conduit sur près de 14 km jusqu'à l’hôpital de district de Kumba», relate-t-il, 14 mois plus tard.

TANK2

Le chef de centre de prévoyance sociale de Kumba est, côté CNPS, le premier à arriver sur les lieux. Immédiatement, il informe le directeur général qui, sans attendre, donne des instructions pour une prise en charge immédiate, totale et complète au niveau de Kumba. Mais le patron de la CNPS ne s’arrête pas là. Le lendemain il dépêche une ambulance de Douala avec à bord, un médecin et un infirmier pour l’évacuation de l’agent blessé. « C'est grâce à cette prompte réaction de Monsieur le directeur général, qui a bien voulu que je bénéficie d'une prise en charge de qualité dans un hôpital de référence et aux bons soins de médecins chevronnés, que j'ai retrouvé ma santé tant physique que psychologique », avoue-t-il reconnaissant. « C'est l'occasion pour moi ici de dire une fois encore merci à Monsieur le directeur général. Vu l'état dans lequel je me trouvais, je pensais ne jamais voir le bout du tunnel. Une chose est sure, je n'aurais rien pu faire sans son aide », ajoute-t-il avant de conclure : « J'ai eu à découvrir non pas un manager, mais un père, un homme de grand cœur qui prenait régulièrement de mes nouvelles et est personnellement venu me rendre visite à l’hôpital. Ses paroles et son soutien ont été d'un grand réconfort, mais aussi des actes de sympathie à mon endroit et dont il n'est pas nécessaire de faire mention ici. Merci Monsieur le directeur général, je vous suis infiniment reconnaissant ».

Au-delà du patron, Cyrille Tankeu est aussi reconnaissant vis-à-vis de tout le personnel de la CNPS à qui il dit merci pour les messages de sympathie. Un merci particulier aux collègues du CPS de Kumba pour le don de sang. Un formidable élan de solidarité qui a certainement permis qu’il soit encore en vie aujourd’hui.

Last modified onmercredi, 24 avril 2019 08:20

Leave a comment

Make sure you enter all the required information, indicated by an asterisk (*). HTML code is not allowed.